• L'insécurité alimentaire s'accroît avec le prix des céréales au Sahel

    Chronique des matières premières du 27 avril 2012 Céréales Sahel
    (01:53)
     
     
     
    Par Claire Fages

    La sévérité de la crise agropastorale, et donc alimentaire, dans les pays du Sahel, se confirme en avril, avec la montée en flèche des prix des céréales produites dans cette région d'Afrique.

    Culture de mil au Niger.
    Culture de mil au Niger.
    Getty Images/Daniel Berehulak

    En avril, le prix des céréales au Sahel, en particulier le mil et le sorgho, ont continué d'augmenter, à un niveau qui ne permet plus aux populations les plus vulnérables d'accéder à l'alimentation, au Niger, au Burkina Faso et au Mali. Les 100 kilos de mil ont atteint 2 800 francs Cfa sur les marchés de Niamey, de Ouagadougou ou de Bamako. La hausse est de 20 % par rapport au mois de mars, de 100 % quasiment par rapport à l'an dernier. La production céréalière a, il est vrai, baissé d'un tiers, voire de moitié du fait de la sécheresse dans les pays de la zone sahélienne, de la Mauritanie au Soudan. La crise malienne n'a fait qu'aggraver la tension sur l’approvisionnement dans certaines régions, avec la désorganisation des flux commerciaux, le blocage des frontières et l'afflux des réfugiés dans des zones déjà fragiles. Cette augmentation du prix des céréales a un autre effet pervers : la dégradation du terme de l'échange pour les éleveurs, eux-mêmes confrontés à la raréfaction des pâtures et de l’eau pour nourrir leurs bêtes.

    Au Niger, ils ne peuvent plus obtenir que 89 kilos de mil en vendant un bouc, alors que l'animal valait deux fois plus de céréales l'an dernier. Au Tchad la baisse est observable également même si elle est bien moindre. Quant au Mali, les marchés au bétail ne fonctionnent plus. Le phénomène est identique pour les producteurs d'oignons qui avaient misé sur cette culture pour en tirer un bon revenu mais le terme de l'échange là aussi s'est effondré : pour un sac de 100 kg d'oignons, les paysans nigériens ne peuvent tirer que 79 kilos de mil, trois fois moins que l'an dernier. Prix record des céréales et en même temps, baisse des revenus agropastoraux : les gouvernements burkinabè et sénégalais, chacun confrontés à l'afflux d'une cinquantaine de milliers de réfugiés maliens, ont fait part de leur inquiétude. Outre le Mali concerné au premier chef par l'urgence alimentaire, certaines régions du Tchad et de Mauritanie pourraient aussi selon la cellule constituée par la FAO et les ONG, atteindre d'ici le mois de juin le stade de l'insécurité alimentaire extrême, le dernier stade avant la famine.

    Source : RFI

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