• Communiqué commun des partenaires humanitaires au Niger

    Le gouvernement du Niger et ses partenaires humanitaires appellent les donateurs à soutenir durablement le pays

    Groupe Sectoriel Communication

    Niamey, le 8 Octobre – A l’heure où le Niger a commencé à récolter ses premières tiges de mil, le gouvernement nigérien et ses partenaires humanitaires appellent la communauté des donateurs à rester aux côtés des populations extrêmement fragilisées par les crises récurrentes qui affectent ce pays du Sahel.

    Les autorités du Niger et les partenaires humanitaires se félicitent de la qualité des  réponses apportées à la crise 2010, qui ont permis de diminuer considérablement le nombre de zones vulnérables à l’insécurité alimentaire, et de prendre en charge plus de 220 000 enfants sévèrement malnutris de moins de 5 ans depuis le début de l’année. Aujourd’hui ce sont près de 10 000 enfants qui sont accueillis et pris en charge chaque semaine dans les structures spécialisées ; soit autant d’enfants qui sont sauvés de la malnutrition et de ses complications. Cette réponse massive et concertée du gouvernement et de ses partenaires a été possible grâce au Plan d’Action Humanitaire d’Urgence, pour un montant de 357 millions de dollars, dont 255 millions ont déjà été reçus à la date du 4 octobre (soit 71%). Les deux grands secteurs d’intervention sont les programmes d’aide alimentaire et de soutien à l’agriculture, qui ont respectivement reçu 75,6% (193 millions) et 11,3% (29 millions) des 255 millions de dollars déjà mobilisés pour l’action humanitaire.

    Toutefois, face à l’impact de cette crise alimentaire, pastorale et nutritionnelle au Niger, l’aide d’urgence est loin d’être suffisante. Contrairement à l’idée communément véhiculée, la malnutrition n’est pas seulement le résultat d’un manque ponctuel de vivres à une période donnée et ne peut être résolue en accroissant uniquement les aides alimentaires. Dans le contexte sahélien, les crises sont récurrentes et prévisibles car elles ont des fondement structurels. Au Niger la réponse des autorités en concertation avec les partenaires humanitaires a permis cette année d’éviter le pire, de bonnes pratiques ont été initiées en matière de prise en charge des enfants malnutris. Le gouvernement, les autorités techniques et les partenaires humanitaires ont affiné leurs analyses et développé des connaissances et des stratégies innovantes. Il ne faut pas baisser les bras et poursuivre cet effort bien au-delà de 2010.

    Ainsi en matière de nutrition les autorités et les partenaires humanitaires veulent continuer à renforcer les systèmes de santé pour améliorer la prise en charge de la malnutrition, avec les aliments thérapeutiques prêts à l’emploi, mais aussi améliorer la prise en charge de toutes les maladies qui fragilisent les populations de façon répétée, notamment le paludisme. Il faudra également mettre l’accent sur le renforcement de la prévention, comme par exemple la distribution de compléments alimentaires pour prévenir la malnutrition chez les plus jeunes enfants.

    Pour garantir durablement la sécurité alimentaire des populations, il faudra développer des politiques agricoles et pastorales, comme la restructuration des filières agricoles et pastorales, la prévention des risques, les filets sociaux, qui permettent aux populations de se relever et de mieux résister à de nouveaux chocs. D’autres domaines inter-connectés avec les questions d’insécurité alimentaire et de malnutrition doivent également être pris en compte afin d’initier un processus de changement à long terme. Ainsi il est important d’encourager des politiques en faveur de la scolarisation, notamment des filles, la réduction de la mortalité infanto-juvénile, l’espacement des naissances, l’accès aux soins, les bonnes pratiques en matière d’hygiène, etc.

    Dans cette optique le gouvernement du Niger et ses partenaires humanitaires lancent un appel aux donateurs pour qu’ils soutiennent des activités préventives et structurelles pour changer durablement la donne. L’Etat et les acteurs humanitaires manquent de moyens pour développer seuls des stratégies de développement à long terme. Les premières récoltes augurent d’une bonne campagne agricole et c’est l’occasion de se mobiliser sur les aspects chroniques des crises au Niger, pour prévenir plutôt que guérir.

    Articles relatifs:

    Source : Média Niger

    Partager via Gmail

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :